Où voir des animaux sauvages en Thaïlande

La Thaïlande est l’un des pays où le tourisme de masse à le plus favoriser la maltraitance animale, notamment les éléphants. C’est également l’un des pays où de nombreux sanctuaires ont été créés afin de secourir les animaux. Ces sanctuaires, ouverts aux voyageurs, n’ont rien de commun avec des zoo. C’est l’occasion d’y observer des animaux sauvages. Les animaux qui y séjournent ont été récupérés car blessés ou maltraités. Les ouvrir au public, est une façon d’assurer leur financement et de favoriser une politique de sensibilisation à la protection de la biodiversité.

Voir des éléphant à Elephant Nature Park à Chiang Mai

À cinquante kilomètres de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, Elephant Nature Park est le premier sanctuaire d’éléphants créé en Thaïlande. Le centre accueille des écovolontaires pour une semaine ou plus. Il organise également des week-ends solidaires et écotouristiques. Idéal pour voir des éléphants. 

Elephant Nature Park a été créé il y a vingt ans par Lek Chailert, une Thaïlandaise touchée par le sort qui est réservé aux éléphants dans son pays. Symbole de la culture thaïlandaise, l’histoire des pachydermes se confond avec un long parcours de maltraitance. Les éléphants étaient jadis utilisés pour transporter le bois issu des forêts pendant l’âge d’or du commerce du teck. Avec leur mahout, ils se sont trouvés sans travail lorsque le gouvernement décidait d’interdire l’exploitation des forêts à la fin des années 80. Très vite, la reconversion des mahouts (dresseurs d’éléphants) a été trouvée grâce au tourisme et aux fameuses promenades à dos d’éléphants.

Un éléphant est un animal sauvage

Les pachydermes sont des animaux sauvages qu’il est impossible de dresser, à moins de les torturer. Le dressage des éléphants se déroulait et se déroule encore de façon très brutale : coups de fouet, blessures avec des couteaux… Seuls 50% des animaux survivent à ce traitement. Une fois soumis, l’éléphant continue d’endurer le poids des personnes qui montent dessus (son dos ne le supporte pas). “N’allez pas croire qu’un éléphant sache peindre ! “, vous explique l’un des mahouts d’Elephant Nature Park. Et de continuer : « Lorsque les éléphants ne meurent pas à la suite des maltraitance, ils sont blessés, physiquement et mentalement. A Elephant Nature Park nous récupérons des éléphants qui ont des troubles mentaux et qui sont devenus agressifs avec les hommes.”

Plus de 70 éléphants vivent à Elephant Nature Park

À Elephant Nature Park, vivent actuellement 72 éléphants. Il disposent de plusieurs hectares pour eux, avec une rivière pour se baigner. Aujourd’hui, 65 mahouts y travaillent. “Nombre d’entre eux viennent des frontières voisines. Aussi, le parc a construit une école pour leurs enfants. Ils apprennent également l’anglais”, précise un des guides du sanctuaire. Et de continuer ”Leik leur montre comment il faut s’occuper des animaux. S’ils les maltraitent, ils sont virés. Nous pensons que le mahout doit avoir une relation amicale avec son éléphant.”

Un séjour écotouristique au sanctuaire d’éléphants

Les voyageurs qui souhaitent découvrir cette endroit magique, visitent le parc à la journée, ou sur deux jours en logeant sur place dans un écolodge. J’ai choisi le séjour écotouristique de deux jours, de façon à pouvoir pleinement profiter du calme du soir et du matin. En effet, il y’a de nombreux touristes l’après-midi qui viennent visiter le parc. Pendant ces deux jours, vous donnez le bain aux éléphants et préparez la nourriture. Tout le monde est la bienvenue, y compris les familles avec enfants.
Réservez longtemps à l’avance car ce sanctuaire est victime de son succès. Si vous ne trouvez pas de place, sachez que Leik a fait école et que de nombreuses structures ont décidé de ne plus proposer des promenades à dos d’éléphants, mais de les préserver et d’organiser des voyages solidaires.
Nous voyons toutefois encore de nombreux touristes à dos d’éléphants en Thaïlande.

Un séjour comme écovolontaire au sanctuaire

Elephant Nature Park vit également grâce aux écovolontaires. Les écovolontaires s’engagent au moins une semaine. Ils aident à la préparation de la nourriture, à l’entretien général du parc et apportent quelques soins aux éléphants avec les mahouts.
Pour avoir discuter, sur place, avec une écovolontaire, il y a une proximité importante avec les éléphants, même si travailler avec eux demande beaucoup d’expérience. Le parc a aussi un refuge pour chiens, et pour chats. Il manque souvent des écovolontaires pour s’occuper des chiens.


Observer des gibbons au Gibbon Rehabilitation Project sur l’île de Phuket

Le Gibbon Réhabilitation Project mène une politique de réintroduction des gibbons. Son objectif est de faire cesser l’exploitation de cette espèce en danger. Le refuge est ouvert au public. C’est l’occasion d’observer des gibbons et d’en savoir plus sur ces animaux sauvages. Le centre travaille avec une douzaine d’écovolontaires et privilégie les longs séjours (tarif dégressif). Il constitue également une sortie nature associée avec la cascade Rangpae.

Le gibbon capturé comme animal de compagnie

J’ai eu un petit coup de cœur pour le Gibbon Rehabilitation Project de Phuket qui mène un vrai travail de réhabilitation et de réintroduction des gibbons. L’association est sérieuse et la qualité de son travail est confirmée par Samira, écovolontaire.
Malgré l’interdiction, qui date de 1992, de posséder, de capturer, d’acheter ou de vendre un gibbon sauvage, il n’empêche que le gibbon est toujours, soit illégalement adopté, soit exploité pour l’industrie du tourisme. En effet, le gibbon est un tout petit singe, très mignon lorsqu’il est petit. De nombreuses familles continuent d’en acheter pour leurs enfants, jusqu’à que le gibbon en question agresse un membre de la famille, tout simplement parce qu’il devient grand et costaud et qu’il est conçu pour vivre dans la jungle.

Le gibbon exploité pour l’industrie touristique

L’autre fléau qui touche les gibbons, est l’industrie touristique. Il existe encore des lieux où les vacanciers payent pour se prendre en photo avec. Il faut savoir qu’à chaque gibbon ainsi exploité, environ dix ont été tués. Lorsqu’un bébé gibbon est capturé, la mère est d’abord tuée ainsi que les autres membres de la famille.
Ensuite, le bébé est drogué, battu et enfermé dans une cage. C’est à cause de ces pratiques que la population de gibbons à mains blanches a diminué de plus de 50 % en 45 ans.

Objectif du sanctuaire : la réhabilitation

Le centre a pour vocation de récupérer ces gibbons maltraités, de leur donner les soins nécessaires et de les réhabituer à la vie dans la jungle. Lorsqu’un gibbon arrive, il passe plusieurs semaines en quarantaine. Ensuite, il est installé dans un grand enclos.
Dans le meilleur des cas, le singe est réintroduit dans la forêt. Mais bien souvent, il est devenu inapte à la vie sauvage et restera dans un cage jusqu’à la fin de ses jours. Sa vie au refuge sera de toute façon bien plus agréable que celle qu’il menait alors qu’il était capturé. En effet, les membres du Gibbon Rehabilitation Project, salariés et écovolontaires, feront tout pour lui donner une vie digne. Les gibbons qui restent en captivité vivent dans de grands enclos accrochés aux arbres.
Ceux qui ont une chance de retourner à la vie sauvage, devront petit à petit couper les liens avec les humains, et se trouver un partenaire.

Le long processus de la sauvegarde des gibbons

Uniquement des familles peuvent être relâchées car c’est en famille qui vivent à l’état sauvage. Ce processus peut pendre des années.
Le Gibbon Rehabilitation Project réintroduit des gibbons depuis 2002 dans une forêt protégée de l’île de Phuket. Cette politique de réintroduction est aujourd’hui un succès qui ne fait pas oublier au refuge qu’une importante politique de prévention est à mener auprès des touristes et de la population locale. Le Gibbon Rehabilitation Project mène un programme d’écovolontariat. Plus le séjour est long, plus le tarif est bas. Le nombre d’écovolontaires présents est de 12 en moyenne.

Visiter le gibbon rehabilitation project

Si vous souhaitez visiter le centre sans pour autant être écovolontaire, vous pouvez vous y rendre. Le refuge ne demande pas d’argent pour une visite guidée. Toutefois, comme il se situe dans le parc national, il vous faut payer l’entrée du parc (10 euros environ). Attention cependant, ce refuge n’est pas une attraction. Les gibbons sont dans des enclos et vous n’avez accès qu’à une petite partie de ceux-ci pour la bonne et simple raison qu’il faut que les singes se détachent des humains.
Le plus dur est de vous rendre sur place. Il n’y a pas de bus public qui dessert le parc, le mieux est de prendre un taxi (c’est la solution que j’ai choisie pour 1800 baths depuis le centre de Phuket). Vous demandez au chauffeur Bangpae Waterfall, une cascade très connue. Je vous engage, en même temps que la visite du refuge pour gibbons, de faire les quelques 500 mètres supplémentaires pour arriver jusqu’à la cascade. Toute le long du chemin vous pourrez vous baigner dans les piscines naturelles.


Visiter le refuge de Wildlife Friends Fondation 

A une centaine de kilomètres au sud de Bangkok, près du golfe de Thaïlande, passez une journée au refuge de Wildlife Friends Fondation Thaïlande (WFFT). Il s’agit d’un centre de secours pour animaux sauvages qui mène également un programme d’éducation auprès des élèves. Le Wildlife Friends Fondation Thailand est une ONG créée en 2001 par Edwin Wiek.
Cette association, située à une trentaine de kilomètres de la station balnéaire de Hua Hin, en Thaïlande, est un refuge pour animaux sauvages. Actuellement, près de 400 animaux y vivent dont des gibbons, des éléphants, mais également un crocodile, des ours…
Il ne s’agit pas d’un zoo, mais d’un centre dont la vocation est d’accueillir les animaux blessés qui ont subi des maltraitances. Nous avons vu, à propos des éléphants, que leur utilisation pour les trecks ou l’industrie du divertissement était particulièrement néfaste pour l’espèce. Le nombre d’éléphants blessés ayant subi des mauvais traitements est également important au WFFT. Ils arrivent la plupart du temps avec des blessures physiques. Ils sont souvent aveugles, notamment lorsqu’ils étaient trop exposés au flash des touristes. À ces blessures, s’ajoutent des traumatismes psychologiques qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. Eh oui, la mémoire des éléphants n’est pas une légende.
Le centre a un espace réservé aux éléphants où ils peuvent, sur quelques hectares, mener une vie presque normale. Un hôpital a également été construit pour pouvoir mieux les soigner lorsqu’ils arrivent.
L’ONG WFFT accueille également des gibbons, dont le sort n’est malheureusement pas à envier aux pachydermes. Un gibbon est un petit singe particulièrement mignon lorsqu’il est bébé. Et nombre sont les parents qui craquent devant les demandes de leurs enfants qui souhaitent adopter un petit animal si gentil. Sauf que le gibbon est un animal sauvage qui, faute de ne pas pouvoir être domestiqué, devient agressif en grandissant. Souvent, dès le premier accident à la maison, le gibbon est enfermé à double tour dans une cage.
Lorsqu’ils arrivent au refuge, ils ne sont plus aptes à la vie en forêt. Le WFFT a un programme de réintroduction de gibbons dans la nature, mais rares sont ceux qui peuvent en bénéficier.

Un séjour écotouristique au WFFT

Si ce projet vous intéresse vous pouvez le visiter le refuge à la journée. Un guide vous accompagne et vous explique, en détail, le projet du centre. L’argent sera en partie reversé à un projet. Il est également possible de dormir au refuge dans un écolodge qui donne sur le bassin aux éléphants. Bien sûr aucune animation n’est prévue avec les pachydermes. Vous pouvez, si vous le souhaitez, y passer la nuit après la visite guidée. Convient parfaitement aux visites en famille avec des enfants.
Pour les visites à la journée ou sur deux jours, un transfert par navette est prévu des villes de Bangkok, Hua Hin et Cha Am.

Partir comme écovolontaire au WFFT

Le WFFT accueille de nombreux écovolontaires. Ils étaient 50 lorsque je suis passée. Cela peut paraître énorme, mais le refuge est si grand qu’ils étaient répartis en plusieurs équipes. La guide que j’ai rencontrée a commencé par être écovolontaire pendant plusieurs mois, avant de faire partie de l’équipe. Il faut savoir que cette possibilité existe, mais que cela est très loin d’être systématique. Le travail des écovolontaires est assez diversifié car vous êtes amenés à travailler avec tous les animaux.
Pour les personnes intéressés par l’écovolontariat, n’hésitez pas à contacter l’équipe via leur site internet.

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